Le coût de l'invisible : Pourquoi le mal-être au travail coûte 108 milliards d’euros à la France

Le chiffre est tombé, brutal et vertigineux : 108 milliards d’euros par an.

Selon une étude récente relayée par Les Échos, c’est le coût colossal de l’absentéisme et du mal-être au travail en France. Ce n’est pas seulement une statistique comptable ; c’est le signal d’alarme d’un phénomène systémique qui fragilise nos organisations.

Dans mon mémoire de recherche (« Le coaching, un levier pour le bien-être et la performance au travail »), j’ai analysé cette réalité : le désengagement d’un seul salarié coûte en moyenne 15 000 € par an à son organisation. Face à cette hémorragie, comment transformer ce déclin en levier de performance durable ?

L’entreprise :

Un écosystème vivant, pas une machine

Pour comprendre l’origine de ces pertes, il faut changer de paradigme.

Trop souvent, on traite l’entreprise comme une mécanique. Pourtant, l’entreprise est un écosystème vivant.

Elle repose sur une interaction constante entre son environnement (le biotope) et sa communauté humaine (la biocénose).

Si l'un est malade, l'ensemble décline.

Selon une étude Ipsos (2024), 86 % des 18-34 ans font du bien-être au travail le critère n°1 de leur engagement.

Sans ce bien-être, le risque est de voir s’installer le présentéisme : des collaborateurs présents physiquement, mais dont l’énergie et le sens se sont évaporés.

Ma méthode:

Soigner la dynamique par la systémie

Dans mes accompagnements, j’utilise des outils fondamentaux pour décrypter ces dynamiques. Si ma boîte à outils est large, deux piliers permettent une prise de conscience cruciale : nous faisons partie d’un ensemble.

1. Le Modèle SCORE : Cartographier le changement

Inspiré de la PNL, cet outil est souvent perçu comme un simple état des lieux. Pourtant, sa véritable force réside dans sa capacité à structurer le futur. Il permet de sortir de la confusion pour tracer une trajectoire d'action :

  • S (Situation actuelle) : L’état des lieux réel (le point de départ).

  • C (Causes) : L’origine profonde du blocage pour ne plus agir sur le symptôme.

  • O (Objectif) : La cible à atteindre. C'est ici que commence la co-construction du futur.

  • R (Ressources) : L’inventaire des forces internes et externes mobilisables.

  • E (Effets) : L’impact positif global. On ne cherche pas juste à "aller mieux", on définit comment le système sera plus performant et sain une fois l'objectif atteint.

2. Les Niveaux Logiques de Bateson : La puissance du "Dézoom"

C’est ici que la spécificité du coaching professionnel prend toute sa dimension. Le modèle de Bateson (développé par Robert Dilts) s'appuie sur la théorie des domaines de conscience. Il permet d'analyser une situation sur plusieurs couches, de la plus concrète à la plus spirituelle.

La puissance de l'outil naît du moment où, en tant que coach, je restitue les éléments explorés. Ce "dézoom" permet de comprendre que pour soigner un comportement en surface, il faut parfois aller chercher la solution dans les couches profondes :

  • Environnement & Comportement (Le "Où" et le "Quoi") : Le cadre de travail et les actions visibles. C’est souvent là que l'on voit le symptôme du mal-être.

  • Capacités (Le "Comment") : Les compétences et les stratégies mises en œuvre.

  • Valeurs & Croyances (Le "Pourquoi") : Ce qui est vraiment important pour nous. C'est ici que se logent souvent les freins invisibles.

  • Identité (Le "Qui") : Qui suis-je dans ce système ? Quelle est ma valeur propre ?

  • Appartenance & Sens (Le "Pour qui / Pour quoi d'autre") : C’est le sommet de la pyramide. À quel projet plus grand je contribue ?

C’est précisément dans cette quête de sens que l’on soigne le présentéisme. En redonnant une vision globale et une place claire à chacun au sein du système, le coaching permet de réaligner l’individu avec la mission de l’entreprise.

Le Re-onboarding :

Une nécessité économique et humaine

Prendre soin d’un salarié qui revient après une épreuve ou qui traverse une période difficile (maladie, deuil, aidance..) est un investissement stratégique. Si le retour est raté, c’est toute la chaîne systémique qui est impactée : surcharge pour les collègues, baisse de moral collectif.

Pour parler de ces sujets souvent complexes, j'ai créé une méthode inspirée des neurosciences et un personnage phare : Martine ! Martine incarne ces trajectoires de vie sinueuses. Elle permet aux managers et aux RH d'aborder la complexité avec humanité. Sécuriser le parcours d'une "Martine", c’est économiser les coûts directs et indirects, prévenir le désengagement et protéger durablement son écosystème.

Conclusion :

Investir dans l'humain pour garantir la performance

Le mal-être n’est pas une fatalité, c’est une alerte du système. En utilisant la systémie et la puissance de restitution d’outils comme Bateson, nous ne faisons pas que "réparer" : nous réalignons le sens et l'engagement.

Ma conviction, à travers ce que je porte avec Radix coaching, est que nous pouvons transformer ce risque systémique en un moteur de croissance et de fidélisation durable. L'humain n'est pas un coût, c'est le cœur battant de votre performance.

Sources :

  • Les Échos, "108 milliards d'euros d'absentéisme par an : le mal-être au travail est un phénomène systémique", 2024.

  • Cabinet Sapiens Institute, "L'indice de l'immatériel", 2018.

  • Étude Ipsos / Predlife, "Bien-être et santé au travail", 2024.

  • Mémoire de recherche A-M. Nurit, « Le coaching, un levier pour le bien-être et la performance au travail », 2025.

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